Fouilles archéologiques à Châtillon d’Azergues

17 octobre 2018 Commentaires fermés sur Fouilles archéologiques à Châtillon d’Azergues Actualités,Archéologie Michele

La villa gallo-romaine de La Roche : des fouilles archéologiques à Châtillon.

Du 06 au 18 août dernier, des fouilles archéologiques d’évaluation ont été entreprises à La Roche, sur les terres et avec l’autorisation de la famille Chasselay. Dirigées par Jules Ramona et Romain Guichon, deux archéologues professionnels mandatés par l’Etat, elles ont permis de mettre au jour les premiers vestiges d’une villa romaine. Fonctionnant à la manière d’une grosse ferme actuelle, il faut imaginer la villa comme un ensemble domanial regroupant la maison d’habitation (appelée pars urbana), ses dépendances agricoles et fonctionnelles (appelées pars rustica), ses terres d’exploitation, et son espace funéraire.

Les vestiges d’une villa datant de l’Antiquité et du Moyen-Âge…

Cette année, la réalisation de trois sondages de reconnaissance avait pour objectifs d’évaluer le recouvrement du site et de comprendre les grandes phases de son histoire. Il apparait ainsi que plusieurs ensembles de bâtiments se sont succédé au cours des siècles séparant le début de l’Antiquité (Ier siècle apr. J.-C.), du début du Moyen-Âge (VIe-VIIe siècle apr. J.-C.). L’ensemble le mieux conservé, qui succède lui-même à au moins deux établissements, est identifié comme une riche habitation de maître. Dotée d’un système d’hypocauste (chauffage par le sol), de peintures murales, et d’au moins un bassin d’agrément dont les parois ont pu être plaquées de marbre, elle devait s’étendre sur plus de 400 m². A l’est, perpendiculairement à sa construction, s’étire une aile fonctionnelle interprétée comme la pars rustica. Un sondage réalisé à l’intérieur d’une des pièces formant le retour a fait apparaître un bâtiment de construction massive, dont les murs sont conservés sur plus de 1 mètre de hauteur. Si sa nature n’a pu être déterminée avec précision, la simplicité des matériaux mis en œuvre (murs sans enduit et plancher de bois au sol) trahissent une vocation fonctionnelle liée aux activités agricoles, au stockage des denrées ou à l’habitation servile.

…Et des sépultures

Peut-être abandonnée au début du IVe siècle de notre ère, la villa est ensuite réoccupée. Encore sur pieds, on la juge alors suffisamment saine pour s’y installer : certains sols font l’objet d’un grand nettoyage avant d’être à nouveau foulés ; mal en point, l’ancienne charpente est soutenue au moyen de gros poteaux de bois ; l’antique cour bénéficie d’un apport de terre avant d’être mise en culture. A cette époque également, ou à une époque plus tardive, la présence de deux sépultures sur le site pourrait être associée à l’existence d’un espace funéraire plus important (type cimetière).

Des résultats très prometteurs ont donc accompagné cette première campagne d’évaluation. Cofinancée par l’Etat (Drac Rhône-Alpes-Auvergne) et la commune de Châtillon, elle a permis de mettre au jour un ensemble de vestiges bien conservés, attestant d’une occupation riche, étendue sur une période dite « de transition » (Antiquité / Moyen-Âge) encore mal connue. Mais la plupart des découvertes restent à venir, et un projet de fouille plus ambitieux, en aire extensive et menée sur plusieurs années, est envisagé par les archéologues.

Avant d’être recouvert, le plus grand des quatre sondages sera visible à l’occasion des Journées du Patrimoine, le dimanche 16 septembre prochain. Deux visites sont programmées à 14h00 et 16h00. Elles seront animées par les directeurs de la fouille, et par une partie de l’équipe composée d’étudiants en archéologie de L’Université Lyon II.

Une conférence sera par ailleurs donnée en début d’année prochaine par Jules Ramona dans le cadre de l’Assemblée Générale de l’association La Licorne, le 8 mars 2019 à 20h30, salle Pierre Dupoizat.

Jules Ramona, août 2018

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