Routoirs à Pommiers

26 août 2016 Aucun Commentaire Actualités,Patrimoine Michele

En juillet dernier, la courageuse petite équipe féminine du chantier international de jeunes n’a pas ménagé sa peine pour débroussailler et remettre « en lumière » un curieux bassin couvert, en limite extrême de la commune, à Grange Huguet. Ce qu’on pourrait prendre pour un petit lavoir est en réalité un « ROUTOIR ou ROUISSOIR ».
Quelle est cette bizarre construction qui ne devait pas être la seule dans le coin ?

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C’est une  trace d’une culture aujourd’hui devenue rare :  le CHANVRE !!

( une  variété « autochtone », dépourvue, apparemment des inconvénients « planants » de son cousin indien ! )

Pour  en savoir plus (sur cette culture régionale ! ) nous  vous invitons à  visiter le très beau  site  des «  AMIS du VIEIL ARBRESLE »

En  résumé, pour ne pas vous  endormir sans savoir :

Canabis sativa était, jusqu’ au 20è s., la matière-à-tout-faire des campagnes : du drap en « toile grosse » au cordage marin, en passant par la filasse encore utilisée en plomberie. Après un abandon de production, dû a la complexité de sa transformation, c’est aujourd’hui l’isolation qui le sauvera peut-être de l’oubli ! Nous en trouvons certaines traces dans notre région.

Le routoir servait au début des opérations, à « ROUIR », soit séparer la fibre de l’aubier (bois de la tige) par  fermentation. On devait faire tremper les tiges pendant plusieurs jours dans l’eau.

Cependant, cette eau, de préférence  courante, ne manquait pas de dégager des odeurs nauséabondes,  et surtout de risquer de polluer fortement les rivières environnantes .

D’où, rapidement, des décisions des autorités civiles pour interdire le rouissage trop près des maisons, des cours d’eau, des étangs ou des lacs (ce qu’on nomme  aujourd’hui le  principe de précaution). Ce qui explique la localisation écartée de « notre » routoir (il dépend peut-être  de Treize  !).

Ensuite, les fibres sont séchées dans des greniers,  teillées (on ôte l’écorce de la tige), broyées, battues pour assouplir la filasse, celle-ci est ensuite peignée, filée et séchée (sur  des perches,  accrochées à des consoles devant les fenêtres voir : Chessy )

chanvre

De nombreux métiers étaient induits par cette activité, il va sans dire que l’évolution des techniques, l’arrivée du coton puis des tissus modernes ont fait un peu oublier une matière jadis indispensable et toutes les activités qui s’y attachaient.

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